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Dossier d'actualité : ce qu'il faut savoir sur
la grippe aviaire
Mise à jour : 3 mars 2006
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1. Qu'est-ce que la " grippe
aviaire " ou influenza aviaire ?
L'influenza aviaire (appelée improprement
" grippe aviaire ") est une maladie virale très
contagieuse, qui affecte les oiseaux chez lesquels elle peut provoquer,
dans sa forme hautement pathogène, un syndrome très
sévère et une mortalité massive. La forme hautement
pathogène de l'influenza aviaire , appelée également
" Peste Aviaire " est une MLRC (maladie légalement
réputée contagieuse). Sa déclaration aux services
vétérinaires est à ce titre obligatoire.
2. Quelles sont les principales
caractéristiques des virus grippaux ?
Les virus grippaux sont des virus à ARN
enveloppés, appartenant à la famille des Orthomyxoviridae.
Il existe 3 grands types de virus influenza, A, B et C : les virus
d'intérêt médico-vétérinaire appartiennent
au type A. Pour les classer, on type 2 glycoprotéines de
surface majeures, l'hémagglutinine (H) et la neuraminidase
(N). On connaît aujourd'hui 16 types différents d'hémagglutinine
et 9 de neuraminidase. Chaque combinaison HxNy correspond donc à
un sous-type viral. Des souches d'un même sous-type peuvent
avoir des caractéristiques très différentes,
notamment leur pouvoir pathogène. A titre d'exemple, il existe
de nombreux sous-types H5N1 connus, certains sont hautement pathogènes
(comme le virus qui sévit actuellement en Asie) et d'autres
ne le sont pas du tout.
Le génome des virus grippaux est constitué de 8 segments
d'ARN, codant pour 10 protéines. A la faveur de l'infection
simultanée d'une même cellule par 2 virus grippaux,
ces segments peuvent se redistribuer (on parle de " réassortiment
") et générer un virus dont les caractéristiques
antigéniques ou la virulence sont très différentes
des virus parentaux. Ce phénomène est essentiel pour
expliquer l'émergence de nouveaux virus grippaux. Outre ces
phénomènes de réassortiment, les mutations
ponctuelles peuvent aussi générer une évolution
des virus grippaux.
La résistance des virus grippaux est globalement faible :
ils sont en particulier détruits en quelques secondes à
70°C ou à un pH acide. Ils peuvent par contre résister
plusieurs semaines dans l'eau à basse température,
ce qui pourrait contribuer à la circulation de virus grippaux
chez les oiseaux aquatiques.
Les virus grippaux ont la propriété d'évoluer
en permanence. Ils sont peu résistants dans le milieu extérieur
et en particulier ils ne résistent pas à la chaleur.
En
savoir plus sur les virus grippaux...
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3. Quelles sont les différentes
formes d'infection des volailles ?
On distingue 2 grandes formes d'infection :
-
Les infections à virus grippaux
faiblement pathogènes : il s'agit d'un phénomène
totalement banal, notamment pour les populations d'oiseaux aquatiques
sauvages, qui constituent ainsi un réservoir de ces virus.
Certains virus faiblement pathogènes peuvent occasionner
des manifestations cliniques à dominante respiratoire
: c'est notamment le cas chez la dinde, espèce particulièrement
sensible à l'infection, qui peut présenter des
syndromes respiratoires complexes, où les virus grippaux
peuvent être isolés en association avec d'autres
germes (mycoplasmes, metapneumovirus, colibacilles).
-
L'influenza aviaire hautement pathogène
(IAHP) ou peste aviaire, qui est une forme grave de l'infection.
Elle se traduit par des signes généraux, nerveux,
respiratoires ou digestifs. La mortalité est souvent
considérable et soudaine. Cette maladie est restreinte
aux oiseaux, à l'exception de rares cas de transmission
directe à l'homme du virus H5N1 asiatique, à l'occasion
de contacts en condition de confinement.
Voir
les manifestations cliniques de la grippe aviaire chez les volailles
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4. Quelles sont les particularités
du virus H5N1 asiatique? pourquoi est-il si redouté ?
Le virus H5N1 asiatique est particulièrement
pathogène pour les volailles, y compris le canard, qui est
normalement résistant à la peste aviaire. Ce virus
circule en Asie du Sud-Est depuis au moins 1997 (grippe du poulet
sur le territoire de HongKong). Dès cette époque,
il s'était révélé pathogène pour
l'homme, à la suite d'une exposition directe avec les volailles
infectées. Entre 1997 et 2003, il a circulé à
bas bruit dans cette région, sans doute en infectant des
espèces exprimant peu la maladie, comme les palmipèdes.
Cette circulation a certainement contribué à exacerber
encore sa virulence et élargir son spectre d'hôte chez
les oiseaux. Depuis fin 2003, une épizootie d'une ampleur
sans précédent affecte toute l'Asie du Sud Est.
En
savoir plus sur l'actualité de l'épizootie
L'élément nouveau est la capacité
de ce sous-type H5N1 à infecter sévèrement
l'homme, même si ces cas restent très rares
: quelques 190 cas de maladie et 91 décès ont été
enregistrés depuis 2003 en Asie, puis récemment en
Turquie. Tous ces cas concernaient des personnes exposées
à des volailles vivantes infectées, dans des conditions
de confinement et de promiscuité très particulières.
Les cas observés en Turquie en janvier 2006 (cas groupés
concernant de jeunes enfants) s'expliquent par la cohabitation avec
les poulets dans les habitations en période de grand froid.
Là encore, on mesure l'importance des conditions environnementales
dans la contamination. En sachant que plusieurs centaines de millions
de personnes ont été exposés à des poulets
infectés, on peut considérer que la contamination
de l'homme reste un évènement très rare.
NB : rappelons qu'en France, plus de 2000 personnes meurent chaque
année de la grippe saisonnière " banale ".
Tout
savoir sur les manifestations cliniques de l'infection à virus H5N1
chez l'homme.
Le risque d'émergence d'un virus pandémique (largement
diffusible dans la population humaine) à partir du virus H5N1
asiatique est la préoccupation majeure des pouvoirs publics
et de l'opinion internationale. Cet évènement, qui ferait
suite au réassortiment d'un virus H5N1 avec un virus humain
" classique ", est par définition totalement imprévisible.
Rappelons simplement quelques faits :
-
A ce jour, les pandémies de grippe humaine
recensées ont impliqué les sous-types à
hémagglutinines H1, H2, ou H3. Les sous-type H5 ou H7,
pathogènes chez la volaille, n'ont jamais été
associés à des cas transmissibles dans la population
humaine.
-
Aucune des pandémies grippales précédentes
(1918, 1957, 1968) n'a fait suite à une épizootie
chez les volailles.
Aucun argument scientifique n'étaye une
relation directe entre l'épizootie actuelle à virus
H5N1 asiatique et l'apparition d'une pandémie grippale. Celle-ci
interviendra sans doute un jour, mais nous ne pouvons prédire
ni quand, ni où, ni à partir de quels virus parentaux.
5. Comment le virus de la grippe
aviaire contamine-t-il les élevages ? quel est le rôle des oiseaux
migrateurs ?
Le virus peut être introduit dans un élevage
par les oiseaux infectés ou, indirectement, par des matériels
ou des personnes contaminées. Le virus se transmet aussi
bien par contact direct (avec les sécrétions et les
déjections des animaux infectés) ou indirect (avec
des surfaces ou matières contaminées). L'eau, les
aliments, le matériel d'élevage peuvent ainsi véhiculer
le virus et l'introduire dans un élevage.
Les derniers développement de l'épizootie,
avec l'extension de l'infection vers la Sibérie, le Caucase,
puis l'ensemble du continent européen, démontrent
que le virus circule parmi certaines espèces migratrices
(lesquelles ?) et provoque la mortalité d'espèces
particulièrement sensibles, comme le cygne. Notons que le
cygne tuberculé n'est pas une espèce migratrice !
Dans tous les cas, les échanges commerciaux (licites ou non)
et le tourisme restent des causes majeures de circulation du virus
et doivent être étroitement contrôlés.
Le rapport de l'Observatoire national de la chasse et de ses habitats
(ONCFS)
(pdf
)
En
savoir plus sur les oiseaux migrateurs et leur rôle dans l'épidémiologie
des virus influenza
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