S'identifier

Résultats de recherche : Étude sur l’impact économique des mammites en élevages bovins


L’équipe EPIDEC de l’IHAP - Interactions hôtes-agents pathogènes (UMR INRAE/ ENVT) vient de publier une étude dans Frontiers in Veterinary Sciences. Intitulée The Use of Meta-Analysis for the Measurement of Animal Disease Burden: Losses Due to Clinical Mastitis as an Example, celle-ci porte sur l’impact économique des mammites en élevages bovins.

En élevage laitier la mammite est la première pathologie rencontrée. Elle touche plus de 40 % des vaches en production. Les impacts sont multiples : stress et travail pour l’éleveur, réformes subies, pertes économiques importantes.
L’étude menée propose une méta-analyse sur le coût d’un cas de mammite clinique en élevage bovin laitier.

La production laitière représente un enjeu important de l'agriculture française avec environ 3,7 millions de vaches laitières réparties sur l'ensemble du territoire national, ce qui la place au deuxième rang européen.

Il existe actuellement un vaste panel d'études portant sur les coûts des maladies animales car les pertes d'une exploitation agricole peuvent être influencées par de nombreux facteurs (l'agriculture est un système complexe et les maladies sont étroitement liées).
La méta-analyse peut être utilisée pour détecter les effets (c.-à-d. le changement dans les pertes cliniques de mammite) à travers les études et pour identifier les facteurs qui peuvent influencer ces effets.

La méta-analyse a permis de définir les pertes moyennes de mammite clinique par cas dans la littérature et de déterminer dans quelle mesure les pertes de mammite clinique sont influencées par des facteurs généraux, tels que l’étiologie ; les types de pertes qui contribuent aux pertes totales de mammite; et les prix.

Au total, 82 observations issues de neuf études ont été incluses dans la méta-analyse. Les résultats ont montré que l'étiologie influençait significativement la perte de mammite clinique par cas.
La perte moyenne a été déterminée à 224 € par cas pour toutes les étiologies publiées. Elle était respectivement de 457 € et 101 € par cas de mammite clinique due à des bactéries gram-négatives et gram-positives, et respectivement de 428 € et 74 € par cas de mammite clinique due à Escherichia coli et Staphylococcus aureus. Une très grande variabilité autour de ces valeurs moyennes a été observée, conduisant même les auteurs à recommander un usage très prudent de ces estimations, en pratique. sur le terrain

De plus, beaucoup de facteurs explicatifs testés n'étaient pas associés à la valeur des pertes liées aux mammites, soulignant la nécessité d'études économiques plus standardisées, tant pour les méthodes que pour la présentation des résultats. , Bien que les méta-analyses soient utiles pour passer en revue le fardeau des maladies à travers les études, leur capacité à résumer une littérature extensive avec diverses évaluations économiques est parfois limitée. Ceci suggère également la nécessité de se concentrer sur les stratégies de gestion plutôt que sur les estimations monétaires pures des coûts des maladies, au moins pour les maladies de production au niveau de l'exploitation. C’est clairement dans ce sens que l’équipe Epidec travaille aujourd’hui, avec le développement d’un nouveau modèle bioéconomique d’optimisation de l’atelier bovin laitier (DairyHealthSim).  

Auteurs :
Didier Raboisson (1) Ahmed Ferchiou (1), Beate Pinior (2), Thomas Gautier (1), Pierre Sans (3) and Guillaume Lhermie(1)

    1 IHAP, INRAE, ENVT, Toulouse, France
    2 Food Technology and Veterinary Public Health, Institute of Food Safety, University of Veterinary Medicine Vienna, Vienna, Austria
    3 ALISS, INRAE, Ivry-sur-Seine, ENVT, Toulouse, France

Article complet : ICI ¨

Télécharger le communiqué de presse

A propos de l’ENVT
L’École Nationale Vétérinaire de Toulouse (ENVT) est un établissement public d’enseignement supérieur et de recherche dépendant du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.
Créée en 1828, elle est la plus ancienne des grandes écoles toulousaines.
Elle participe à la formation d’un quart des vétérinaires français, appelés à relever les enjeux de santé et bien-être animal mais aussi les grands défis de la santé publique d’aujourd’hui et de demain.
La recherche de l’ENVT s’articule autour de onze unités en partenariat notamment avec deux établissements publics scientifiques et technologiques : INRAE et l’INSERM.

La qualité de ses équipes et de ses projets lui permet de disposer aujourd’hui d’une réputation scientifique mondiale.
www.envt.fr

Contact presse :
Virginie Fernandez - Responsable de la communication
05 61 19 32 59 | 06 23 75 44 47 | virginie.fernandez@envt.fr

Date de publication: 
Vendredi, 27 Mars, 2020