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Citation aux Nobel de Chimie et de Médecine 2015


Les prix Nobel 2015 de Chimie pour la réparation de l’ADN et de Médecine pour des antiparasitaires citent des travaux de recherche menés par des enseignants-chercheurs de l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse.

 

Un Nobel de Chimie citant des travaux communs d’Aziz Sancar et Claude Petit (enseignant-chercheur ENVT).

La saison des prix Nobel a débuté en octobre. Cette année, le Nobel de Chimie récompense les mécanismes de réparation de l’ADN au travers de trois récipiendaires : Tomas Lindahl, Paul Modrich et Aziz Sancar dans l’équipe duquel  le Pr Claude Petit, enseignant-chercheur en pharmaco-toxicologie à l’ENVT, a effectué une année complète de recherche, en 1997, en tant que visiting scientist à l’Université Chapel Hill en Caroline du Nord (USA). Plusieurs articles scientifiques publiés conjointement, en particulier, sur le rôle central des cryptochromes dans la régulation circadienne  (voir article paru en novembre 1998 dans Science ou article paru en décembre 1999 dans Médecine/Science) et la réparation des lésions de l’ADN par excision de nucléotides sont cités comme références du « Scientific Background on the Nobel Prize in Chemistry 2015 ».

Claude Petit se souvient de l’année extraordinaire qu’il a passée aux côtés d’Aziz Sancar, chercheur émérite qui a consacré sa vie à la recherche. « Aziz est sans doute le meilleur biologiste que j’aie jamais rencontré. Un exceptionnel esprit de synthèse et une rigueur méthodologique exemplaire. Capable de mener en parallèle plusieurs gros projets très différents : biochimie pure (purification d’enzymes), génétique et biologie moléculaire (réparation de l’ADN), biologie des rythmes circadiens (cryptochromes) » affirme-t-il.  En faisant référence aux leçons qu’il a pu tirer de ce parcours partagé, il évoque «  la progression de la pensée dans une discussion scientifique, le doute permanent devant les résultats  (« au labo, disait-Aziz, je ne croirais pas sur parole même ma propre mère »), la notion qu’une recherche de qualité est nécessairement un « full time job »- un précepte qu’Aziz Sancar s’est d’ailleurs largement appliqué »et, « last but not least » : « le sentiment conforté que la modestie est décidément le propre des plus grands ».
 

Le Professeur Claude Petit se remémore depuis son bureau à l’ENVT l’année passée en tant que visiting scientist à l’Université Chapel Hill en Caroline du Nord (USA) aux côtés d’Aziz Sancar, prix Nobel de Chimie 2015.

 

Les travaux d’Aziz Sancar ont permis de décrire très précisément, au niveau moléculaire, comment les cellules réparent leur ADN en présence de certaines lésions et arrivent ainsi à sauvegarder leur information génétique. Cette réparation se fait au prix de mutations qui peuvent participer au processus de cancérogenèse. En contribuant à l’émergence de l’idée, au fil de ses recherches,  que la réparation de l’ADN et la régulation des rythmes circadiens étaient corrélés, Aziz Sancar a ouvert la porte à des retombées majeures en médecine humaine : de nouvelles stratégies de traitements anticancéreux.

 

Un Nobel de Médecine pour l’ivermectine, un médicament initialement développé en médecine vétérinaire et pour lequel l’ENVT a été contributrice de connaissances.

Le Nobel en Médecine 2015 a été remis à l'Irlandais William  Campbell et au Japonais Satoshi Omura pour leur découverte, à partir de cultures microbiennes de Streptomyces avermitilis, d’une molécule  particulièrement efficace dans le traitement contre les infections parasitaires chez les animaux domestiques et de rente et aujourd’hui utilisé en médecine humaine.

Cette distinction honore cet exemple appliqué du concept « One Health, One Medicine » prôné par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), au travers de la mise en avant d’une classe de médicaments destinée initialement à la médecine vétérinaire et ayant trouvé des applications en thérapeutique humaine. Les ivermectines ont été développées par l’industrie pharmaceutique vétérinaire dans les années 80 pour leur action sur les nématodes parasitant le tube digestif et les larves d’insectes parasites de la peau, en particulier chez les bovins et les chevaux. Elles paralysent les parasites en interférant au niveau de la transmission des signaux nerveux et ont un spectre d’action large (ascaridose, strongylose, dictyocaulose et sont actives également sur la galle, les poux suceurs) permettant de préserver efficacement la santé et le bien-être des animaux de rente. Utilisés chez l’Homme depuis le début des années 90, elles permettent de lutter contre l’onchocercose (cécité des rivières) très répandue en Afrique et provoquant des lésions cutanées et oculaires importantes pouvant aller jusqu’à la cécité.

 

Grâce aux  travaux menés, depuis une trentaine d’années, par les pharmaco-toxicologues de l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse au sein de l’UMR 1331 INRA-ENVT Toxalim et en collaboration avec les parasitologues de l’UMR 1225 Interaction Hôtes-Agents Pathogènes, certains effets secondaires (impact écoenvironnementaux, sécurité alimentaire) ont pu être cernés et mieux contrôlés. Les recherches réalisées et les très nombreuses publications de ces équipes ont ainsi enrichi la base des connaissances scientifiques permettant aujourd’hui d’utiliser de manière raisonnée ces molécules tant en médecine vétérinaire qu’humaine.

 

C’est en partie grâce aux travaux menés, depuis les années 80, par les pharmaco-toxicologues de l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse que les ivermectines ont été cernées et certains effets secondaires mieux contrôlés.

 

 

 

Responsable de publication : Dominique Béchu, service communication ENVT

Date de publication: 
Mercredi, 2 Décembre, 2015